La date limite d'envoi des propositions de communications est reportée au 15 juin 2009
Télécharger l'appel à communication
Les inscriptions seront ouvertes à partir du 1er juin 2009.
De la culture commune au socle commun
enjeux, tensions, réinterprétations, déplacements
INRP, Lyon 19-20 novembre 2009
Organisé par l'UMR Éducation & Politiques (Lyon2-INRP),
Lyon1 (école interne-IUFM),
l'UMR ICAR (Lyon2-CNRS-INRP-ENS Lyon-ENS-LSH).
À un moment où le collège unique est interrogé au regard des espérances démocratiques qu'il avait peut-être illusoirement suscitées et dans un contexte où l'efficacité de l'enseignement est appréciée à l'aune d'évaluations internationales - conformément à la perspective ouverte par la stratégie dite "de Lisbonne", la mise en oeuvre d'un socle commun de connaissances et de compétences (Loi Fillon, 2005) devrait impliquer une reconfiguration des enseignements de l'école obligatoire - peut-être même ouvrir une phase nouvelle de l'histoire du système français d'enseignement. Mais au-delà des principes et des prescriptions, les recompositions curriculaires relèvent de processus de longue durée passant par des interprétations, des déplacements, des hybridations avec des pratiques anciennes, des évitements, des fuites, voire des dérives. Liées aux conditions locales, aux contextes sociaux et aux multiples traductions auxquelles elles peuvent donner lieu, leurs mises en oeuvre peuvent présenter de grandes disparités sur le territoire national. Le colloque se fixe pour objectif d'interroger les formes, le sens et la portée de ces mutations.
1. Dans quelles filiations historiques et politiques le socle commun s'inscrit-il ?
Présenté par ses promoteurs institutionnels comme une nouvelle expression des idéaux éducatifs " hérités des Lumières » et comme une nouvelle stratégie curriculaire " sans équivalent depuis les lois de Jules Ferry ", le socle commun consiste aussi en une traduction de prescriptions européennes relevant d'une logique déclinée en termes d'économie de la connaissance, d'évaluation des systèmes et de politique de la qualité.
2. Quelles sont les conséquences politiques et idéologiques de la mise en oeuvre du socle commun sur le système éducatif ?
Par son inscription dans une perspective d'efficacité scolaire, le socle commun prétend renvoyer à une préoccupation démocratique. En fixant les " repères culturels et civiques » au coeur de l'enseignement obligatoire, il veut exprimer et symboliser le souci de justice impliqué par la généralisation de la scolarité secondaire. La conception qui prévaut ici est celle d'une école juste tendant à assurer une égalité des résultats concrétisés par un répertoire de compétences. Mais s'il redéfinit une exigence première pour le plus grand nombre, le socle commun laisse aussi ouverte la possibilité d'une grande disparité de formes possibles de réussite scolaire au-delà de son contenu minimal. Garantie annoncée d'un minimum culturel pour tous, il fonde et prépare également l'individualisation des trajectoires scolaires et leur poursuite au-delà du cadre scolaire. De là, le conflit des interprétations : ambition démocratique ou tentation de minimalisme ?
Par ailleurs, comment interpréter le projet de promouvoir un " ensemble de valeurs, de savoirs, de langages et de pratiques » censés constituer le " ciment de la nation » ? À quelle conception de l'universel faut-il rattacher l'optique politique du socle commun ? Comment ce projet s'inscrit-il dans une perspective politique européenne ? Comment se décline-t-il au plan local ? Au fond, quelles sont les différentes figures que peut prendre le " commun » qui fonde le " socle » ?
3. Quelle mise en question de la compartimentation disciplinaire et quelle réorganisation curriculaire de la culture scolaire le socle commun implique-t-il ?
Celui-ci abordant les apprentissages sous l'angle des compétences, quelles sont les formes et les enjeux d'une docimologie appliquée aux compétences et plus seulement aux savoirs ? Ce nouveau dispositif tend-il vers une conception purement instrumentale des savoirs ? Réaffirme-t-il la liberté d'initiative du sujet qui apprend ou bien, attachant les compétences à l'individu, lui fait-il porter la responsabilité de ses incompétences ?
4. En quoi le socle commun constitue-t-il une tentative de réponse à la part d'échec du système scolaire ?
Si l'une de ses spécificités réside dans " la volonté de donner du sens à la culture scolaire fondamentale, en se plaçant du point de vue de l'élève », cette reconfiguration des savoirs prend-elle en compte la distance de nombre d'adolescents avec la culture scolaire ? Peut-elle contribuer à les réconcilier avec elle et est-elle compatible avec la normativité propre aux disciplines scolaires ? Dans quelle mesure la logique du socle commun conduit-elle à prendre en compte les caractéristiques sociales et culturelles des élèves ?
Ainsi, sous le vocable de " socle commun » s'affrontent, de façon assez confuse, des visions différentes de ce que doit être l'éducation pour tous. Le colloque cherchera à en clarifier les problématiques et les enjeux dans une perspective nationale et internationale. Il visera à explorer les ambiguïtés qui font du socle commun un cadre encore incertain de la politique scolaire française, à en analyser les principaux éléments constitutifs. Les interprétations de ces nouvelles prescriptions et leur appropriation par les divers acteurs, les adaptations, les résistances, les détournements dont elles peuvent être l'objet, ainsi que ses effets potentiels, seront au centre de la réflexion.
Appel à communication pour les ateliers
Pour les quatre ateliers décrits ci-dessous, sont attendues des communications en relation avec le texte de présentation du colloque et précisant l'atelier dans lequel elles pourraient s'insérer (un titre, 3 mots-clés, une proposition de mille mots maximum).
Précisez votre titre, votre appartenance institutionnelle et vos coordonnées précises. Si la communication est collective, indiquez un interlocuteur en soulignant son nom .
Les communications sont à renvoyer en format .rtf ou .doc à l'adresse suivante : comsoclecommun@inrp.fr
Expériences et interprétations locales du socle commun des connaissances et des compétences
Socle commun et contenus d'enseignement
L'évaluation des compétences (y compris comportementales)
Socle commun, diversité culturelle et rapports sociaux
Calendrier
Date limite impérative pour le retour des propositions de communication : 11 mai 2009.
Réponse aux propositions de communication : avant le 30 juin 2009 .
La durée de la communication sera alors précisée. Les textes de présentation des communications retenues par le comité scientifique seront publiés sur le site : http://www.soclecommun.fr
Inscriptions
Les inscriptions seront ouvertes à partir du 1er juin 2009.
Les droits d'inscription au colloque sont de 50 € , exonération pour les étudiants, les enseignants associés à l'INRP et les personnels des institutions partenaires.
Le tarif comprend les déjeuners des jeudi et vendredi au restaurant de l'ENS-LSH.
Pour s'inscrire rendez vous sur le site de l'INRP ( www.inrp.fr ) à la rubrique Ressources et services , puis Manifestations .
Comité d'organisation
Christian Buty (MCF, INRP, UMR ICAR)
Jacqueline Gautherin (PU émérite, Lyon2, UMR Éducation & Politiques)
Françoise Lantheaume (MCF, Lyon2, UMR UMR Éducation & Politiques),
Frédéric Mole (docteur, INRP, UMR Éducation & Politiques)
André Robert (PU, Lyon2, UMR Éducation & Politiques)
Équipe logistique
Nicolas Favelier (soutien à la recherche UMR Éducation & Politiques)
Guillaume Roussel (soutien à la recherche, UMR Éducation & Politiques)
Comité scientifique
Christian Buty (MCF, INRP, UMR ICAR)
Rachel Gasparini (MCF, Lyon1-IUFM)
Jacqueline Gautherin (PR émérite, Lyon2)
Françoise Lantheaume (MCF, Lyon2)
Patrick Rayou (PU, Paris8),
André Robert (PU, Lyon2)
Anne Van Haecht (PR, Université Libre de Bruxelles, Belgique),
Pour tout contact : Nicolas Favelier, +33.4.72.76.62.23, nicolas.favelier@inrp.fr
Programme
(sous réserve de modifications)
jeudi 19 novembre
9h Accueil des participants
9h30 Ouverture
9h45 -10h Introduction
Des concepteurs du projet de socle commun aux acteurs
Françoise Lantheaume et André Robert
10h-12h15 Le socle commun en Europe et ailleurs : ambitions et effets
Anne Van Haecht, PU, Université Libre de Bruxelles, Belgique
Peter Labudde, PU, University of Applied Sciences, Bâle, Suisse
Régis Malet, MCF HDR, Profeor-CIREL, Université Lille 3
Antonio Flavio Moreira, professeur de la faculté d'éducation, Université de Petrópolis (Brésil)
Débat
12h30 : repas
14h00 -16h00 Ateliers 1 et 2
1. Expériences et interprétations locales du socle commun des connaissances et des compétences (Rachel Gasparini, Françoise Lantheaume)
2. Socle commun et contenus d'enseignement (Christian Buty et Dominique Raulin, directeur du CRDP d'Orléans Tours)
16H00-16h15 : pause
16H15-18h Table ronde et débat
Les conceptions du socle commun en France : acteurs, controverses, interprétations et traductions
Régis Dupré, Délégué académique à la formation des personnels, Rectorat de l'académie de Lyon
Roger-François Gauthier, IGAENR
Denis Paget, syndicaliste, SNES-FSU
Jean-Michel Zakhartchouk, professeur de collège, formateur (académie d'Amiens) et rédacteur aux Cahiers pédagogiques
vendredi 20 novembre
9h-10h45 Socle commun et contenus d'enseignement : Des curriculums redi-mensionnés, des interprétations multiples du commun du socle, vers des curriculums locaux ?
Élisabeth Bautier, PU, Paris8
Maggy Schneider, professeur à l'Université de Liège, Belgique
Virginie Albe, PU, ENS-Cachan
Débat
10h45-11h00 : pause
11h-13h Ateliers 3 et 4
3. L'évaluation des compétences (y compris comportementales),(Laurent Talbot, MCF, université de Toulouse Le Mirail et un enseignant-chercheur de Lyon1-IUFM)
4. Socle commun, diversité culturelle et rapports sociaux (Patrick Rayou et André Robert)
13h00 : Repas
14h15-15h30 L'évaluation des compétences, une pratique qui creuse les écarts ?
Marie-Françoise Legendre, Professeur agrégée, Université de Laval , Québec
Sophie Morlaix, MCF HDR, Université de Bourgogne, IREDU
Débat
15h30-15h45 : pause
15h45-16h45 Le socle commun : Démocratie, égalité des chances, justice ? Un projet d'avenir ou un projet avorté ? »
Denis Meuret, PU, Université de Bourgogne, IREDU-CNRS
Jean-Yves Rochex, PU, Université de Paris8
16h45-17h Conclusion
Jacqueline Gautherin, PU émérite, Université Lyon2