Atelier 2
Socle commun et contenus d'enseignement

CHAPUIS Anne-France

Doctorante
UFR Sciences de l'Education
Université de Lille III
Laboratoire CIREL / PROFEOR (Centre Inter - Universitaire de Recherche sur les Interactions : Professions, Education, Orientation - Lille III / Lille I)
Equipe de Recherche en éducation RECIFES (Recherches en Education Compétences Interactions Formation Ethique Savoirs)
Université d'Artois
Formateur permanent à l'IUFM Nord Pas de Calais (Institut Universitaire de Formation des Maîtres)
Professeur d'école maître-formateur (PEMF)

DANVERS Francis

Professeur des Universités
UFR de Sciences de l'Education
Université de Lille III
Laboratoire CIREL/ PROFEOR (Centre Inter - Universitaire de Recherche sur les Interactions : Professions, Education, Orientation - Lille III / Lille I)
Directeur du Master « Conseil en développement des compétences et valorisation des acquis »
Administrateur du Master « Education, Santé sociale et prévention »
Directeur du SCUAIO-IP (Service Commun Universitaire d'Accueil, d'Information, d'Orientation et d'Insertion Professionnelle)

 

En quoi les enjeux du socle commun de connaissances et de compétences interrogent-ils la polyvalence des maîtres ?

Résumé :

Le «socle commun » constitue un objet original dans la mesure où pour la première fois un texte concerne à la fois l'école primaire et le collège. Que doit alors instaurer l'école primaire comme savoirs de base incontournables ? Le socle définit, par ses sept piliers, de nouveaux rapports entre les disciplines. Il devrait réactiver à sa façon la notion de polyvalence. Or, nous constatons un accroissement des missions assignées à l'école primaire, et, dans le même temps, nous assistons à une tendance à la « déscolarisation » de certaines disciplines dont la gestion peut-être confiée à des intervenants extérieurs.

Nous interrogeons le concept de « culture commune » en tentant de définir ce que devrait constituer la nouvelle polyvalence du maître. Les tensions historiques entre construction d'un « viatique » ou élémentation des savoirs persistent et interrogent le concept de compétences.

Les comparaisons internationales sont, par ailleurs, notre signal d'alarme. La polyvalence du maître ne constitue pas seulement le fait que celui-ci est le « généraliste de toutes les disciplines » (polyvalence horizontale) face à des classes d' âge différentes (polyvalence verticale) mais par le fait qu'il est, et qu'il se doit d'être, le « spécialiste » de la réussite de tous les élèves, à commencer par ceux qui ont des difficultés.

Nous concluons en répercutant les questions posées sur nos conceptions de la professionnalité de ces enseignants. La profonde mutation qu'entraine l'universitarisation de la formation des maîtres interroge les contenus d'une formation initiale. Celle-ci devrait engager le maître à conduire l'enfant d'une compétence à l'autre, d'une culture à l'autre, sans en perdre son sens commun et par conséquent son sens anthropologique.