Atelier 4
Socle commun, diversité culturelle et rapports sociaux

Marie-Hélène DUBOST
Docteur en Sciences de l'Education
CIRCEFT-ESCOL-Paris 8.

Le « socle commun de connaissances et de compétences » peut-il être pensé comme une version contemporaine de l'idée de culture scolaire commune ?

Résumé :

L'idée d'un socle des indispensables maîtrisé par chaque élève à l'issue de la scolarité obligatoire que met en avant la loi d'orientation de 2005 (art.9) peut apparaître comme une réponse à la crise de légitimité d'une culture scolaire aux prises avec la dispersion culturelle qui caractérise les sociétés contemporaines, et à laquelle une Ecole durkheimienne opposerait la culture d'une communauté nationale.

L'affaire est en réalité plus ancienne. Dès la Révolution française, les impératifs de socialisation politique déplacent le sens d'une culture scolaire gouvernée par la conception humaniste et sa logique éducative émancipatrice.

Et lorsque, dans ce contexte, est portée atteinte aux idées fondatrices de la modernité scolaire, autonomie de la subjectivité, toute-puissance de la raison et universalisme de la culture , tendent à se défaire à la fois l'exigence d'éducation du sujet au profit de la formation de l'individu et les conditions de possibilité d'une culture commune, universaliste, ordonnée par et à l'école...

Comment, dans une telle configuration idéologique, restaurer le pouvoir instituant de l'Ecole autour d'un « socle commun de connaissances et de compétences » ?