Atelier 3
L'évaluation des compétences
Nathalie Younès
Maître de conférences,
Laboratoire PAEDI, IUFM d'Auvergne, Université Blaise Pascal
De la prescription d'un socle commun à sa mise en oeuvre située : une étude de cas dans un collège parisien
Mots clés : Evaluation des compétences, engagement, milieu
Finaliser les objectifs de l'enseignement par l'acquisition d'un socle de compétences, c'est opérer un déplacement important d'une focalisation sur les savoirs à enseigner vers une centration sur les
apprentissages. Cela pourrait représenter un changement de culture radical dans le système d'enseignement mais le passage est délicat. Un risque réside dans la perte du sens de la compétence selon les dérives majeures que sont le morcellement (tel que manifesté dans les livrets de compétences) ou à l'inverse le flou dans un jugement global non étayé, ou encore l'oubli du caractère nécessairement situé et en développement de la compétence. Un autre risque réside dans l'accroissement des inégalités sociales reflétées, voire amplifiées dans l'école. Le sens donné par les élèves aux compétences à acquérir, et un certain partage de celui-ci avec les enseignants, l'ensemble de la communauté éducative et les familles se révèle déterminant. Il importe donc de considérer dans quelle mesure le socle commun confronte l'école au défi d'accompagner l'élève dans la construction de ses compétences en considérant ses conditions de milieu, trop souvent dans l'ombre, alors qu'elles sont pourtant constitutives de son engagement dans l'école. A partir de l'étude approfondie d'une classe de français d'un collège parisien, dans laquelle a été mis en place un dispositif d'observation, nous envisageons comment s'opère en situation, la rencontre entre la prescription d'un socle commun et l'intégration des conditions de milieu des élèves.